Celà faisait 25 ans que je n'avais plus mis les pieds au
sénégal, à l'époque j'avais été invité trois années consécutives par le yacht club de Dakar pour disputer le championnat de l'afrique de l'ouest en planche à voile ....J'y avais eu des souvenirs
ancrés à jamais et c'est avec un énorme plaisir que je retournais là bas cette fois en famille.....
Les choses n'ont pas tellement changé finalement mis à part les constructions qui ont et qui continuent de fleurir là bas mais pour moi le plus important est que les "sénégalais" eux
sont restés les mêmes, c'est à dire les gens les plus gentils de la planète (pour moi qui ai roulé ma bosse un peu partout sur la planète, je crois pouvoir l'affirmer sans contestation
possible)
Et de plus quelle leçon de vie que l'on prend tous les
jours avec eux qui sont extraordinairement généreux, ils n'ont pas grand chose et donnent tout.....Phénoménal !
Bref, un pays que l'on aimerais vivre au quotidien même s'il reste des choses à faire là-bas pour améliorer facilement la vie des sénégalais.
Ci dessous , un petit résumé de ce séjour par mon fils Tomy, véritable Paparazzi qui a mitraillé dur et ramené de beaux clichés.....
Bonne année à tous dans tout ce que vous entreprenez....

Tomy: "Je suis de retour du Sénégal depuis
hier et c'est des images pleins la tête que je suis revenu en France!
Cet article parlera évidemment un peu de pêche, mais aussi du reste, de la vie au Sénégal, des excursions réalisées, des visites dans les zones typiques...ça a, à mon avis, plus d'intêret que les
photos de poissons!
Dés notre arrivée à Dakar, j'ai été totalement dépaysé, et déjà les premiers Sénégalais nous sautaient dessus pour nous vendre diverses choses, carte téléphonique, cadenas,
collier,...le tout à minuit et quelques! Un sénégalais en fauteuil roulant me demande même si je peux pas lui donner mon tube de canne car il pêche... ah non, ca va pas être
possible!
Les premiers jours se sont passés tranquillement, dans les résidences du port de saly. Ici, tout est à disposition. Chaque maison a sa femme de maison, appelé là-bas Fatou...
La nôtre s'appelait Maïmouna. En plus d'être très belle, de cuisiner supra bien, elle était super gentille et souriante ! Un bonheur...
C'est d'ailleurs le cas de tout le monde là-bas. La plupart des gens là bas sont pauvres et cravachent dur pour s'en sortir, mais ils sont toujours souriants,
accueillants et ont la joie de vivre, un vrai bonheur!
Notre fatou nous a donc fait découvrir les différents plats typiques du pays, poulet Yassa, tieboudien (repas à base de thiof, mérou sénégalais), couscous sénégalais (avec, au lieu de
semoule, du mil)...et j'en passe! Elle nous a aussi fait des bons dessert purement français...
On a beaucoup sympathisé avec elle et on a d'ailleur passé une journée dans son village, avec sa famille. Là-bas, les familles ne sont pas séparées dans tout le pays,
ils habitent tous ensemble dans la même maison! Je leur ai demandé combien ils étaient à habiter ici, ils n'ont pas su me répondre, ils m'ont seulement dit qu'ils étaient une bonne 50aine!

On a découvert comment ils vivaient et je vous assure que ça n'a rien à voir avec ce qu'on a chez nous. Les enfants, femmes et hommes mangent séparément, chacun un plat
différent, à la main.


Ici, c'est tout les jours poissons et riz ou mil! On a ensuite visité le village et l'école primaire, encore une fois rien à voir avec chez nous!


Le panier de basket du
village L'école du
village
J'ai remarqué quelque chose de saisissant aussi, les enfants et ados là-bas ont la soif d'apprendre, toujours à l'écoute des conseils. Il faut savoir que là-bas, la plupart des
"bonnes" écoles sont privées et coûtent très chère aux familles. En tout cas, quand on voit la motivation de certains ici, et que l'on est rendu à imaginer une rémunération pour les élèves assidus
dans les régions difficiles en France... Il y aurait des choses à remettre en place!

Une termitiaire, 5 mètres de
haut! Pas de poussette, y a bien plus simple !

Ici, le poisson n'est pas transporté en camion frigo, une charette en plein air fait très bien l'affaire.
Nous avons aussi fait une excursion dans la réserve de Bandia, qui regroupe la plupart des espèces qui étaient présentes avant, en liberté. Elles sont ici en semi liberté
et la balade se passe en voiture, avec un guide.
Nous avons eu la chance de voir toutes les espèces d'animaux présentes dans le parc, y compris les zèbres, qui sont extrèmement capricieux...Les plus beaux animaux de cette réserve restent pour moi
les giraffes. Je me demande comment on peut tuer un si bel animal!







Enfin le Sénégal a aussi quelques trucs de totalement abhérents! Les flics plus corrompus les uns que les autres, qui ne regardent même pas si tes phares fonctionnent,
si les roues sont gonflés ou si tu conduis sans ceinture...Tant qu'ils ont leurs "bakchich", il n'y a pas de soucis, mais si on commence à protester, les négociations peuvent durer, durer....
Une autre histoire nous a aussi particulièrement agacé, le fait que le président du Sénégal ait construit une statut gigantesque en bronze, sur une des collines cotières de
Dakar. Une statue encore plus grande que la statue de la liberté, qui a coûtée la modique somme de 23 millions d'euros... Une somme qui n'est bien évidemment pas sortie de la poche du président
mais bien de celle de chacun des sénégalais! Quand on sait que les hôpitaux manquent de médicaments, que les écoles manquent de matériels, que beaucoup de gens crèvent de faim, qu'il n'existe pas
de réels moyens mis en place pour retraîter les déchets et les eaux usées, ça remet en question ces investissements monstrueux ( le président toucherait 35% des recettes dûes à la construction de
la statut, ce qui explique cette dépense)...

La fameuse statue de Dakar
Le pire reste le
décor qui est nettement gaché par les déchets qui jonchent le sol à chaques coins de rue. On y trouve de tout et ça devient encore pire dès que l'on sort des grandes avenues. On retrouve ainsi en
pleine brousse des aires recouvertes de déchets, qui sont mangées par les chèvres et brulées en plein air, vive la pollution!

Une sortie d'eau bien crade sur la superbe plage de Yoff, à Dakar...n'y a-t-il pas plus urgent à faire que de construire des belles statues ?


Des déchets, par milliers.
D'après eux, des déchetteries existeraient mais aucun tri sélectif n'est mis en place et le ramassage reste inorganisé...Il n'en reste pas moins que la population
locale n'est pas encore très sensibilisée à ces problèmes et c'est en cours. Quand on sait que le Sénégal manque d'électricité et que les coupures de courant sont journalières, ils pourraient
allier le retraitement des déchets et la production d'énergie...à méditer !
Voilà, le décor est planté, place maintenant à ce dont pourquoi vous êtes là après tout, la pêche!
Nous étions à 80 km au sud de Dakar. La côte est très plate et les roches assez rares et souvent éloignées du bord. Le fond est très faible et tombe très lentement. La pêche du
bord sur Saly a donc été plus difficiles que prévu. Les poissons étaient rares et petits. En plus, l'eau était trouble à cause de la houle. Heureusement, il y avait un port!
Les poissons étaient comme à chaque fois, concentré dans le port. Ils mordaient quand l'eau était la plus claire, soit en fin de marée descendante.



J'ai pu prendre mes premières petites carpes rouges et diabbars (carpes noires) 
Les micros leurres souples maniées sous les bateaux et sous les pontons ont été très efficaces et m'ont permis de faire la casi-totalité des poissons.
J'ai aussi pu tester le plomb palette car, par chance, il en resté un dans ma boîte. Au premier lancer, j'ai cogné ma plus belle carpe rouge du bord, autour des 35 cm, le
long d'un gros cube de béton.

Lancer suivant, j'ai tapé une deuxième poisson sur le même poste qui tirait dur, je l'ai monté en surface, une sorte de poisson perroquet avec un bec bien coupant, d'environ 60 cm pour
un bon 3 kilos...avec le montage engammé bien comme il faut...et il m'a coupé, comme prévu!
A part ça, dés que l'on sortait du port, ca devenait beaucoup moins intéressant....quelques petits bars mouchetés et orphies au stickbait ( rover 98), rien de bien grandiose!
J'ai aussi pêché du bord à l'île de Gorée, le dernier jour et j'ai touché une très belle rascasse au shad, le long d'un embarcadère, ainsi que trois poissons trompettes d'un bon mètre chacun, le
plus gros dans les 1m30. Ils ont été pris au turbo Shad, Nabarone Stuka et Sea rock 40gr...


Gorée est situé à un mille au large de Dakar, qui a une côte bien plus intéressante à pêcher au leurre, dommage que je n’ai pas eu le temps de l’explorer !

Nous avions accés à un bateau et nous avons donc pu quand même faire nager les shads et jigs. La zone réputée se situait à une bonne heure de bateau et nous faisons quelques
chinchards avant d'y aller, histoire d'assurer le coup. Nous trouvons rapidement la zone et déjà une sériole chasse en surface, ça
promet!
Je commence avec une Sea rock 90 gr bleu et mon père est au
madai jig. Je descends le jig jusqu’au fond et remonte rapidement sur 5m, redescend, re-animation et touche ! Je ferre puissamment mais ça monte facilement, une première badèche d’1.5 kilo
environ.

Mon père qui me filmait remonte ensuite son leurre et prend une touche en pleine eau sur la petite rookie Medium. Elle plie dure mais fait son boulot et il ramène une pélamide
proche du kilo, piquée sur le teaser.
On se met ensuite à l’ancre car le vent nous fait dériver trop rapidement. Il y a alors 32 mètres de fond et nous sommes au ras
de la cassure. Mon père ferre un nouveau poisson avec la sea rock que j’avais au début, annonce une autre pélamide mais ce sera en fait un petit pagre de 800 gr. Je touche ensuite un poisson en
remontant ultra rapidement mon jig en « short jerk » (knife 120 gr rose) , en pleine eau, sur un écho à 20 mètres. J’imaginais bien un banc de sérioles sur cet écho et ce sera
effectivement le cas ! L’antidote XH plie sérieusement et le caïman couine dur ! Après une bonne 40 aine de mètres de pris, la mémère s’arrête enfin, et je commence à lui reprendre du
fil. A part quelques petits rushs, elle monte bien malgré tout. Vu la défense, j’imaginais bien un poisson d’une petite dizaine de kilos, ce sera en fait une sériole d’à peine 3 kilos qui
apparaîtra dans l’eau bleue.

C’est étonné mais content que je remet à l’eau le jig. Il file à nouveau vers les profondeurs. Mon père touche à
nouveau une pélamide sur la sea rock, du même gabarit et Abdoulaï, notre marin, avec son montage vif à la sénégalaise nous sort une très belle badèche d’un bon 4
kilos.
Quelques minutes plus tard, alors que je suis littéralement en train de cuire au soleil (le Sénégal, c’est 35°C à
l’ombre…le hic, c’est qu’il n’y a pas d’ombre!), sur une remontée rapide, je prend une première touche discrète puis une deuxième, suivie d’un démarrage fulgurant sur 50-60 mètres…yes, encore
une !
Le combat est plus difficile cette fois-ci, elle part sous le bateau et est à deux doigts de se prendre dans le mouillage ! Ca passe en force
et je finis par épuiser la bestiole, après une bonne dizaine de minutes. Elle fait à peine 4 kilos, je suis encore une fois bluffé par la puissance que peuvent avoir ces poissons, nerveux,
endurants, rapides, un vrai bonheur à pêcher !

Je prendrai ensuite une petite pélamide, après une longue période sans touche.
Le marin ratera à nouveau un poisson avec son montage on ne peut plus grossier.
Il remonte son maquereau complètement mort et plein de coups de dents, une carpe rouge, sans aucun doute !
On monte alors chacun un chinchard et je suis le dernier à
mettre à l’eau, car mon chinchard était impossible à attraper dans le bac, tellement il gigotait ! Mon père a le temps de rater un premier poisson, sans comprendre pourquoi. Je descends mon
montage avec bien 5 minutes de retard mais à peine le montage en place que je sens mon chinchard s’exciter et…se faire cogner sévèrement. Je rends la main un instant avant d’envoyer un ferrage
comme il faut ! Le poisson est au bout et tire dur. Il monte cependant, lentement mais sûrement, sans faire de rushs. Je pense d’abord à une carpe rouge mais ce sera en fait une nouvelle
badèche, dans les 5 kilos qui s’est laissé avoir par le chinchard. 5 minutes pour l’attraper dans le bac, 10 secondes pour se faire croquer…

Le vent montera en puissance et rendra la pêche très difficile ensuite, seul le marin arrivera à prendre deux petites carangues avec les cannes de traîne sans plomb, un
morceau de yaboï au bout, en broumant.
Je prendrai aussi un poisson banane, sur un montage double hameçon spécial
vif...

On organisera une autre sortie, de nuit cette fois ci, mais qui sera un fiasco total, un vent de folie, une mer démontée, des embruns sans arrêt, le tout à minuit et à 40
kilomètres des côtes, et sans prendre la moindre touche, au jig comme au vif, je ne vous fais pas de dessin !
Une
dernière sortie, en famille cette fois, pour rechercher les dorades à l’ancre, a été faite avant la fin du voyage. Le marin se plaçait sans gps, sur des fonds sablonneux et plats au sondeur…le
genre de zones qu’on évite immédiatement en France… A peine les montages descendus que ca cognait de partout ! Je ferai au moins une 30 aine de dorades de toute sorte dans l’heure et demi de
pêche que nous ferons…
Pas moins d’une 100 aine de dorades en tout, avec de nombreux doublés et même triplés ! Dommage qu’il y ait eu une malade, on aurait pu atteindre des scores monstrueux sinon !



Un poisson croco, le tacaud sénégalais. Il attaque n'importe
quoi tant que ça descende au fond!
Un séjour
dépaysant et mémorable, à refaire au plus vite !

@Enjoy Fishing...."
Tomy Journaux