Cap'tain OJ, ex sportif de haut niveau (dans les belles années 1984-1989 en windsurf), puis triathlète pendant près de dix ans, pratique
ensuite intensivement la chasse sous marine jusque dans les années 2004,plus de 15 ans de pratique en tant qu'entraineur de natation, triathlon puis entraineur national de planche à
voile 2000-2004, pour devenir aujourd'hui guide de pêche en mer avec le même perfectionnisme.
Cap'tain OJ, plutôt spécialiste sur la Rochelle de la pêche en dérive du bar et du maigre sous toutes ses formes, leurre souple, mort-manié, vif,lancer-ramener, appats naturels...aux abords des
iles de Ré et Oléron..vous invite volontiers à embarquer à la recherche des poissons trophée, sorties adaptées à tous, jeunes et moins jeunes..
Sa Motivation première: Donner du plaisir à ses stagiaires...
Bonne visite,
Cap'tain OJ
Tel: 06 50 58 56 59
ou direct : olivier@captainoj.com

Chacun avant de prendre la mer se doit d’être parfaitement au courant des conditions météorologiques en cours de façon à sortir en totale sécurité. Ceci dit les bulletins ne tiennent pas toujours compte de certains effets locaux comme les brises thermiques par exemple d’où l’importance d’avoir soi-même quelques connaissances sur le sujet afin de comprendre et mieux appréhender les phénomènes voire les prévoir.
De plus un pêcheur au leurre s’il veut optimiser ses sorties doit suivre au quotidien les évolutions atmosphériques, les déplacements des masses d’eau car cette pêche nécessite des eaux assez claires et pas question de pêcher dans la boue, un bulletin ne vous donnera jamais les couleurs d’eau et c’est votre expérience, vos observations du temps, des vents et de la hauteur de houle qui vous donnera la réponse de chez vous…
Dans ce qui suit, le rapport ne semble pas évident au premier abord entre la micro météo et la pêche mais accrochez vous, ça paiera plus tard !
ü Les particules d’air se déplacent des hautes vers les basses pressions
ü Une particule d’air mise en mouvement est déviée vers sa droite dans l’hémisphère nord (Coriolis)
ü Une particule d’air s’élève lorsqu’elle se dilate (effet de réchauffement) et descend lorsqu’elle se refroidit.
Un « vrai marin » ne se contente pas de lire des bulletins météo mais il sait lire et interpréter une carte isobarique, la base de toute prévision.
Je vous propose de vous apporter quelques notions indispensables :
ü Une isobare est une ligne, sur une carte, reliant les points de même pression
ü Le différentiel de pression par unité de distance (unité Hectopascal/Km) est appelé « gradient de pression », ce qui revient à dire que plus la distance est faible entre deux isobares de pressions différentes et plus le gradient de pression est important et donc plus le vent synoptique est fort
ü Le vent synoptique est le vent théorique en une zone donnée uniquement dû au gradient de pression sur cette zone.
ü Coriolis : Toute particule mise en mouvement dans l’hémisphère nord tend à être déviée vers sa droite, ceci explique le sens du vent dans un anticyclone ou une dépression
ü Circulation autour d'une dépression : Diagramme qui montre comment les vents sont déviés pour donner une circulation antihoraire dans l'hémisphère nord autour d'une dépression. La force de gradient de pression est en bleu, celle de Coriolis en rouge et le déplacement en noir
Circulation autours d’un anticyclone :
ü On voit ici nettement que dans un anticyclone le vent tourne dans le sens des aiguilles d’une montre tendant à en sortir alors que dans une dépression les masses d’air tendent à entrer pour « combler le vide ».
Par réchauffement, une masse d’air se dilate et devient de fait moins dense, s’élève se mélange à la masse d’air d’altitude qui elle-même va descendre pour « combler le vide » induit, c’est ce qu’on appelle le brassage vertical.
Observation : Le vent d’altitude est fort (nuages qui se déplacent vite) et vent nul au sol le matin, si le soleil est bien présent le brassage vertical tendra à faire descendre la couche de vent au niveau du sol, le vent se renforce au sol ! (Ceci est valable dès que le soleil parvient à réchauffer les particules)
Ceci explique pourquoi généralement en période de printemps à automne, le vent est généralement faible au sol et se renforce dans la journée pour ensuite faiblir à nouveau le soir quelle que soit sa direction, il convient de ce fait de prendre la mer très tôt le matin…
L’air au contact de la mer subit une modification de température, si l’air est froid (5°) sur une mer chaude (17° en fin de saison), l’air par réchauffement tendra à s’accélérer en mer.
A l’inverse, un air chaud (25°) sur une mer froide (12° en début de saison) va se densifier et être de fait ralenti en mer…
Tout pêcheur a pu remarquer que par une belle matinée de novembre, petit vent de terre, la sortie s’organise et oh surprise, une heure après le vent souffle à 20 nœuds de nord est, le clapot est fort et la pêche très désagréable !
De même, par une jolie matinée de mai (température d’eau 13°) et air à 20° montant rapidement à 25°, il apparait y avoir un fort vent d’est à terre et finalement sur l’eau après un mille de la côte il reste un petit 5 nœuds de vent… Que du bonheur !
Le mécanisme est simple une fois qu’on maîtrise les bases : L’air se réchauffe plus au contact de la terre qu’au niveau de la mer ,il se dilate ,s’élève puis est remplacé par un air plus frais venant de la mer ,au dessus de la mer se crée un vide ,l’air d’altitude descend pour « combler ce vide » et enfin l’air qui s’élève au dessus de la terre retourne vers l’océan en altitude pour « combler le vide » précédent…
Le phénomène s’accélère et l’effet Coriolis (voir plus haut) fait tourner le vent progressivement vers la droite (hémisphère nord), sur nos côtes atlantiques il démarre au 250 (W-SW) à 11h00 pour finir au Nord ouest à 19 h00.
Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la chaleur qui crée une brise thermique forte mais principalement l’instabilité de l’air, même une très faible différence de température entre l’eau et l’air peut générer de fortes brises (15 nœuds et +).

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La couverture nuageuse doit être faible pour faciliter le rayonnement. La brise thermique est facilitée par l’instabilité de l’air, tous les nuages cumuliformes sont signe d’instabilité alors que les nuages stratiformes sont signes de stabilité (l’air aura du mal à s’élever et donc la rotation des flux d’air ne sera pas favorisée) En fin de matinée au printemps, lorsque de petits cumulus se forment à la cote on peut parier sur l’arrivée imminente d’une brise thermique (la pompe se met en marche) Observation : une fumée d’usine qui monte indéfiniment au petit matin signifie que l’air est instable et favorable aux brises thermiques, par contre si elle s’arrête pour partir à l’horizontale, les couches d’air sont sous forme de strates et donc favorable au brise très faible l’après midi.
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La brise thermique ne s’établit pas de la même façon selon la direction du vent synoptique (voir plus haut) au petit matin.
Exemple : Si le vent est dans le quartier 2 (nord-est), il basculera rapidement par la gauche pour se renforcer nettement au nord ouest l’après midi
Si par contre, il est sud-est (quartier 3) le matin, il risque de tomber complètement dans la journée, ce qui est pour notre pêcheur en mer une aubaine.
Les quartiers de vent les plus favorables à l’établissement d’une brise thermique forte sont dans l’ordre dégressifs : 2, 1, 4 et enfin 3
Ceci est valable pour une côte orientée nord sud, il suffit de placer le quadrant avec la terre à droite et la mer à gauche et cela s’adapte à tout endroit de nos côtes.
Ce sont des paramètres importants à connaître car de là on décidera de partir tôt ou tard pour bénéficier des meilleures heures par rapport au confort en mer.
Un exemple concret serait un vent de sud est à la rochelle (ou plus globalement sur la cote atlantique) avec soleil le matin, on peut garantir une mer d’huile des le début d’après midi, et dans ce cas il vaudra mieux partir en mer l’après midi, moment ou le vent va faiblir nettement.
La houle, le clapot (ringue)
Il faut bien distinguer deux choses bien différentes, la houle créée par les dépressions atlantiques de hauteur variable selon la force et la durée des vents du large et le clapot uniquement dû à un vent local quasi instantané (une houle peut faire 0.5m et un clapot 1.2m), ce qui est important c’est que la houle (et d’autant plus la houle longue :période supérieur à 10 sec) tendra à salir l’eau en profondeur alors que le clapot lui ne brasse pas les fonds…La lecture seule des cartes isobariques vous informera avec l’expérience sur la houle probable que vous rencontrerez dans les jours à venir.
Cela a bien sur son importance dans la pêche au leurre (souple notamment), car même si l’eau parait parfois encore claire en surface, la visibilité fond dans ce cas n’excède pas les 20 cm, le poisson s’éparpille puisque brassé par la houle et il devient d’autant plus difficile d’en pêcher.
Le vent a une grande influence sur le courant par effet de frottement, il accélère le courant s’il est dans le même axe alors qu’il le ralentit s’il est opposé ; à grande échelle, c’est le vent qui crée les grands courants océaniques comme le Gulf Stream qui démarre d’abord grâce aux alizés.
De plus, le vent déplace des masses d’eau importantes et on peut prévoir du coup des zones d’eau sales ou claires selon le suivi qu’on aura fait des jours précédents.
En méditerranée des périodes de vent tel que le mistral créent des courants importants qui peuvent perdurer plusieurs jours après que le vent se soit arrêté, on pourra ainsi prévoir que le long de tel tombant ou pointe rocheuse le courant sera fort et que probablement de gros prédateurs seront présents (dentis, loups, liches…) la gueule dans le courant prêt à bondir sur une proie en dérive.
Le pêcheur même s’il ne sort pas doit avoir une idée précise de ce qui se passe en mer par un suivi au quotidien de la météorologie et surtout de l’observation réelle de ce qui se passe (hauteur de houle, direction et force des vents, températures extérieures), avec les moyens modernes, il peut à des milliers de kilomètres se tenir informé et « rester dans l’coup » dans l’optique d’une future sortie.
Savoir jongler avec les cartes isobariques et faire ses propres prévisions (les vérifier et surtout comprendre pourquoi on s’est trompé) me parait indispensable dans l’approche de sa propre autonomie par l’observation du ciel, le vent d’altitude, suivre au quotidien les directions de vent, houle etc, ainsi vous saurez mieux déterminer vos zones de pêche et vous serez capable d’anticiper et trouver le poisson qui lui suit un rythme logique, se déplace régulièrement, se positionne toujours de la même façon dans telle et telle configuration…le tout est d’en tirer les bonnes conclusions !!
Apprenez les cartes isobariques : http://www.cotweb.com/isobares.htm
Olivier Journaux, guide de pêche en mer et ex-entraîneur national de planche à voile (2000-2004)