Présentation

Captain OJCap'tain OJ, ex sportif de haut niveau (dans les belles années 1984-1989 en windsurf), puis triathlète niveau national pendant près de dix ans, pratique ensuite intensivement la chasse sous marine jusque dans les années 2004,plus de 15 ans de pratique en tant qu'entraineur de natation, triathlon puis  entraineur national de planche à voile 2000-2004, pour devenir aujourd'hui guide de pêche en mer avec le même perfectionnisme...(voir CV OJ)

Cap'tain OJ, plutôt spécialiste sur la Rochelle de la pêche en dérive du bar et du maigre sous toutes ses formes, leurre souple, mort-manié, vif,lancer-ramener, appats naturels...aux abords des iles de Ré et Oléron..vous invite volontiers à embarquer à la conquête du Graal, sorties adaptées à tous, jeunes et moins jeunes..

Motivation première: Donner du plaisir à ses stagiaires...
Bonne visite,

Cap'tain OJ    

 

 Tel: 06 50 58 56 59 
      ou direct :
olivierjournaux@neuf.fr

 

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allemagneangleterreespagnegreceitalie 
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noelSi vous souhaitez offrir à un ami , votre conjoint(e), une sortie pêche pour son anniversaire ou Noel, sachez que, c'est un cadeau qui est généralement très bien reçu, original et qui fait très plaisir.

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Un matin tranquille au port de pêcheHuit heure moins le quart en cet été 2011, nous arrivons sous un ciel radieux sur les quais de pêche de La Rochelle où nous attend le légendaire Captain . Le port est calme, les navires sont au mouillage, certains filets dans leur boîte plastique sont encore luisants de la nuit précédente. Accueil chaleureux, dès la poignée de main on sent que le Cap’ est un homme de mer au caractère bien trempé. Il nous installe à bord, charge notre impressionnant barda dans la cabine avant et nous embarque pour un périple d’ une journée particulièrement radieuse. Parfaitement équipé pour recevoir 4ou 5 pêcheur à son bord, carte en trois dimensions sur le PC, gros sondeur dernier modèle, porte-canne de tous les cotés, gros vivier qui renouvelle l’ eau à volonté, boites de leurres impressionnantes, bobine de fil d’ un kilomètre sont prévus.

Le voyage commence par une petite mise en bouche des résultats de la veille avec une autre bordée de touristes. Le soleil commence à monter et déjà 22°C à 8h30.

 

Arret sur une petite zone pour faire notre approvisionnement en appâts et nous voilà faisant route vers l’Eden des Maigres. LA technique est plus compliquée qu’ il n’ y parait, mais le Boss nous livre ses secrets de réussite. c’ est probable qu’ on se fasse engueuler si l’ on manque de lucidité ou de concentration, le discourt est clair, la méthode efficace, c’ est plutôt la mise en pratique et surtout la dénégation de nos réflexes halieutiques qui va sembler être notre principal ennemi.

 

Neuf heure, 23°C , nous sommes sur un lac. Pétole, personne sur secteur, le voile brumeux de chaleur masque partiellement les côtes, nous sommes entre la terre et l’ île de Ré. Premiers signes de présence sur le sondeur, les lignes sont armées. Le matériel est tout neuf, moulins en 4000, parfaitement garnis de tresses en 16/100ème  , petites cannes de la marque Sakura…. c’ est du sérieux même si les sensations du départ sont assez peu convaincantes, cet ensemble est très bien adapté à la pêche du Maigre de taille « normale ».

Steph-et-OJ.JPGPremière dérive, première touche, première boulette et une casse directe. Le boss semble incriminer la qualité du nœud de raccordement de ma ligne ; c’ est un peu vexant pour un gars qui à effectué moult essais avec rigueur et matériel de pesée adéquat mais bon. Le nœud Peixet ne lui plait pas : on va faire comme il dit. Remontage donc avec un bon vieux nœud de chirurgien et zou la ligne repart traquer les pépères qui s’ annoncent sur le sondeur.

 

Pas facile de distinguer les poissons des autres taches sur l’écran mais Olivier sait de quoi il en retourne et nous replace à chaque fois dans une dérive impeccable. Au « top départ » les plombs filent sur le fond, les esprits se calment, le silence revient sur le bateau. Le boss ne pêche pas, il surveille, s’occupe de l’oxygénation du bac à poisson, refait des lignes pour les « non initiés » comme moi qui s’acharnent à pêcher les cailloux !! J’en suis pour une remontrance et une bonne rafale de vannes de mes soit disant « copains de pêche ».

 

willyNeuf heure quinze et Willy se fait atteler. Ses bras accusent le léger choc du ferrage, ça remonte tranquillement sans trop forcer et après cinq minutes de sourire béat …ça décroche !! Ce coup ci personne n’ose trop « bassiner » l’échec mais bon, ça augure de bons espoirs.

 

Dix minutes après c’est au tour de Stef. Calme, serein, a son habitude, le père stef remonte non sans mal son premier bestiau d’environ 5 kilos. En vérité c’est plutôt 5 pêcheurs qui remontent la bête tellement on participait à cette première entrevue en direct avec messire Argyrosomus regius . Le poisson est remonté à bord avec ménagement, placé dans le grand vivier. Aussitôt le Cap’ lui plante une aiguille de seringue deux ou trois centimètres au dessus de l’anus, sur le ventre donc , et commence le massage de vidage. Le poisson est sur le dos, il flotte mais respire calmement. Après un petit quart d’heure de réanimation il retournera à sa place, replongeant tranquillement vers le fond de l’océan. Notre guide s’est équipé de sa tenue de plongée et filme le relâché sur quelques mètres.

 

Thierry(barges 44)Il est étonnant de constater qu’un poisson remonté de quelques dizaines de mètres, gonflé comme une baudruche, peut se remettre sans aucune séquelle de cette décompression en vidangeant simplement sa vessie natatoire. L’aiguille est piquée sous une écaille, en un point précis relatif à chaque espèce, et vient rééquilibrer le « ballast naturel » qui permet aux poissons de se stabiliser entre deux eaux. Pour le bar le Boss conseille de piquer à l’aplomb de la 4eme pointe dorsale, sous une écaille située 5 rangs en dessous de la ligne latérale du poisson. Donc sur le flanc du Bar. L’aiguille est juste enfoncée jusqu'à crever la poche très fragile. Le poisson est ensuite légèrement massé, par une thaïlandaise si vous en avez sur le bateau, pour qu’il retrouve son corps svelte et athlétique. Il retrouvera son élément après une dizaine de minutes. Rassurez vous, une Laotienne ou une Japonaise fera aussi bien l’affaire.

 

Par contre, il est important d’utiliser des aiguilles en inox, si possible neuves, elles coupent et ne déchirent pas, assurant ainsi la rapide cicatrisation sans encombres. Cela reste aussi valable pour les masseuses. Neuves, mais pas en inox.

 

 Onze heure, peu de courant lors de cette marée descendante, le bateau ne dérive pas trop vite, les plombées sont correctes, on a enfin comprit la technique et à peu prêt appréhendé la touche caractéristique du maigre : deux poissons sont au compteur.

 

 maigre de willy (barges 44)Changement de scénario brutal, quatre pêcheurs sont aux commandes de leur SAKURA et attendent dans une euphorie générale la prochaine touche lorsque soudain, une ligne part comme une balle. Le pauvre Titi est aussi surprit qu’effrayé par le choc de la tresse dans ses doigts. En une fraction de seconde le bestiau lui prend 5 mètres de fil, le pick up se ferme, un ferrage dans le vide et la ligne se détend. Le captain lui passe un savon, Titi à les pupilles grosses comme un pouce, il remonte sans plus y croire deux mètres de fil canne en position haute . Bien lui en a prit car la seconde suivante on pense tous qu’il a accroché un jet ski lancé pleine vitesse. Le moulin gueule, la tresse file en s’éloignant du bateau, Thierry tente de freiner la course folle mais rien n’y fait, inexorablement ça sort du moulin. Une demi minute à peine et la panique s’empare du bateau : il reste dix mètres de fil sur la bobine qui continue à tourner comme une folle. Au désespoir Titi tente d’accompagner les derniers cris du 4000 en se penchant par-dessus bord : c’est déjà trop tard ! Clac, adios amigo, je retourne chez ma mère, le poisson a gagné. Pas le bon réflexe de démarrer le moteur, pas bien estimé la force du poisson, pas assez de tresse sur le moulinet… on n’en saura pas trop la cause mais toujours est-il que le Titi garde le sourire et que ses dents jouent des castagnettes encore plus fort que ses genoux.

 

Canne shinijn sur un maigreARGYROSOMUS REGIUS : quel animal magnifique. Reflets mauves et chromés, taillé pour la bagarre, que du muscle et des dents !! Le combat avec un maigre n’est pas décevant ; coups de tronche terribles, sacoches dès le départ, on lui prend 5 mètres et il en reprend 6 la seconde d’après… Faut avoir du biceps et des nerfs d’acier.

La technique du Boss, pour ceux qui ne connaissent pas encore, est assez propre pour ne pas abîmer les poissons. Les hameçons, relativement petits par rapport à ceux que j’utilise pour le gros Bar, se décrochent assez facilement sans trop blesser les mastodontes.

 

Pause déjeuner, vite fait, on est pas là pour enfiler des perles, et on remet le couvert du Maigre. Le captain’ s’excite un peu : « grosse détection les copains, attention, dès l’arrivée au fond ça va plier du carbone » . Bing, bing, bing : trois poissons ferrés en même temps. Je reste comme un cake au milieu du tumulte et de la sueur qui ruisselle ; rien n’est venu taquiner mon montage. Du coup je remonte mon appât et filme un peu le « chantier en construction » qui s’agite sur les plats bords du bateau. Des « ouhhh la vaaache… » des « nom de dzeuss il me ravage le bras » encore deux ou trois « il reste du fil ??? » ( dans un éclat de rire général ) et voilà 30 kilos de bagarreur dans le vivier. Les accolades et les grandes tapes dans le dos sont de sortie, tout le monde exulte, le boss est plutôt satisfait des ses troupes. Reste plus que les deux Régis du groupe à se motiver pour enfin toucher un poisson.

Régis (barges 44)Olivier s’occupe alors de mon cas, il choppe ma canne une dizaine de secondes histoire de voir si le « blaireau » est bien en place au fond et me la rend avec un sourire en coin : « démerde toi avec celui là, il est dessus » . Effectivement, fluide magique ou pas il a fait mordre ma ligne ; ça part, pas vite, pas très gros poisson d’après lui. Sept livres à la pesée, le plus petit prit dans cette session mais je suis aux anges.

 

stephane(barges 44)Cinq pêcheurs, cinq heureux ! Stef, l’homme du jour, en sortira trois et en décrochera un balaise, Willy se contentera de deux pépères de plus de 10 kilos et d’un décroché. Titi, (qu’on surnomme « dzzzziiiiiiiiii …clac !» depuis) choppera le fiston du « Jet ski », environ dix kilo aussi, Willow, l’autre Régis, sera de la partie avec un poisson du même acabit, et votre serviteur fera le dixième poisson de la journée, frère jumeau des précédents.

 

 

Captain-au-grip.JPGDire qu’on a bien aimé, c’est peu dire, le Captain’ nous a apprit plein de chose, la vie et les mœurs du Maigre, ses déplacements au fil des saisons, comment se faire bouffer un pouce lors des prises photos, en bref : un mec qui connaît son sujet et que bien des pêcheurs devraient écouter un peu. Bon, il a son caractère, et il est coatch dans l’âme, un crochet du gauche terrib’, mais ce n’est pas déplaisant au final. Même si, il est vrai, le mot « diplomatie » n’est pas dans les pages de son dictionnaire, il veut bien faire et procurer de l’émotion à ses stagiaires d’une journée. Ses postes de pêches sont de plus en plus difficiles à cause des sur pêches pratiquées par tous. Son discours est commun à nos opinions sur la préservation de la ressource, et il ne fait prélèver que le strict nécessaire pour satisfaire ses clients, lui même ne ramène quasiment plus de poissons à la maison. Un pro de la pêche d’amateur en quelque sorte. Pour notre compte un seul poisson n’est pas retourné dans son élément, et, méa culpa, c’est le petit que j’ai piqué qui n’a pas survécu à sa remonté des abysses. A parler franchement j’avais l’intention d’en ramener un de toute façon sinon c’est le « direct au foie » de ma femme qu’il aurait fallut affronter !!

 

Régis (barges 44) (2)Adepte de la scalimétrie, l’étude de la croissance des poissons par l’accroissement  des écailles, j’ai prélevé une écaille sur chaque poisson collecté puis relâché. Les résultats sont assez surprenants dans le sens où la progression du poids des Maigres est assez rapide au début puis assez lente ensuite. Pour exemple (hélas je n’ai pas la longueur exacte ni le poids réel des autres spécimens) le « petit » de 69 cm pour 3,5kgs ramené à la maison parait âgé de 4 à 5 ans alors que les pépères de + 10kilo et plus d’un mètre n’ont que 9 à 11 ans (sexes inconnus). Sachant que sa maturité sexuelle est à environ 80cm et donnée à 4/5 ans, je doute que mes relevés soient corrects. Ou alors les périodes de fraies laisseraient des « traces » sur les écailles, ou le changement de température des migrations ou alors l’IFREMER raconterait des salades ?? Pour s’en assurer il m’aurait fallut collecter les otolites des spécimens… donc, on s’en tiendra à des valeurs sans doute erronées mais des poissons vivants. Le poisson étant un très mauvais joueur il préfère mourir lorsqu’on lui ouvre le crâne.

   

Il est important de préserver notre ressource en poisson, cela n’est pas nouveau, mais il est aussi primordial de parler aux viandards qui ne comprennent pas pourquoi il ne faut pas conserver 200 maquereaux sur une sortie en mer, dix Bars de 50 cm, deux cent dorades…

L’humain n’est plus considéré comme un animal, et on passe pour un demeuré lorsqu’on pêche pour le plaisir, qu’on relâche nos prises pour n’en conserver qu’une ou deux histoire de manger un poisson bien frais qui s’est nourri en mer. Pourtant l’animal qu’il était autrefois devrait se souvenir du principe de la descendance, de la vision du lendemain, de la richesse de notre planète et des formidables autres espèces qui partagent notre espace de vie. Nous ne sommes pas contre les pêches professionnelles tant qu’elles s’assurent de la pérennité des espèces. J’espère que le message touchera d’autres personnes que les Barges du 44 qui sont déjà bien au fait en ce qui concerne la relâche des captures et que les instances de l’Europe trouveront très vite des solutions pour nous épargner une crise de la population halieutiques sans pour autant tuer une profession difficile et digne de respect. La taille des captures de Maigre devrait être logiquement placée à 80 cm afin de laisser une chance aux stocks de progresser à nouveau. LE projet ministériel de placer à 45 cm la taille légale pour le Maigre est une pure ânerie sortie d’on ne sait pas trop quels calculs. Comparé au bar -dicentrarchus labrax- c’est comme si on plaçait sa taille légale à 23cm !!!

 

Lorsqu’on entend que la future réforme de la pêche sera étudiée scientifiquement… Ca fait froid dans le dos. On parle des pros mais que dire quand les poubelles des ports de plaisance sont parfois chargées de dizaines de maquereaux pêchés puis laissés à agonir sur le plancher, pour finir en souper de mouches….

 

Je suppose que l’ENA n’a pas de cours de pêche dans son programme, dommage. Dire que le ministre chargé de la pêche n’est même pas pêcheur !! Allez, un peu d’espoir avec Alain CADEC, notre député Européen, qui a ouvert une porte au dialogue concernant les pratiques apocalyptiques de la pêche au bar pendant les périodes de fraies. Si nous laissons faire une poignée d’individus mettre à mal toute une profession, et un petit groupe de plaisanciers irrespectueux des règles du vivant, d’ici à quelques décennies nos océans seront vides. Et alors au revoir les grondements sourds du Maigre, adieu le chant du frein de moulinet qui couine au soleil levant, bienvenue sur nos tables aux poissons d’élevages nourris à la farine de Bar prélevés hors quotas.

 

Amis pêcheurs, amateurs, pro, bracos et autres viandards, le message est clair, l’avenir de la pêche est entre nos deux oreilles. Pour certain Humanoïde bipède encéphalé  il semblerait que dans cet espace il n’y ai qu’une moële épinière légèrement modifiée, et pourtant, on les laisse tranquille pendant leur fraie…

 

Les barges du 44, été 2011.......


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